342 vues

Mars, Mois de la femme : Joceline Famaga, maîtresse couturière passionnée de son art !

  (« …si je dois parler de la couture, je pourrais dire que ce métier était déjà dans mon sang ») Après la célébration for sobre mais officielle le 08 mars...

 

(« …si je dois parler de la couture, je pourrais dire que ce métier était déjà dans mon sang »)

Après la célébration for sobre mais officielle le 08 mars dernier par la communauté internationale, les femmes sont toujours à l’honneur et spécialement tout le reste du mois de mars. Des femmes, on en distingue de différentes catégories et classes sociales qui constituent un maillon véritablement incontournable et indispensable de la société. Elles sont nombreuses, ces femmes qui s’imposent de par leur activité, leur personnalité et leurs caractères en intervenant dans presque tous les secteurs d’activités économique, socioprofessionnel et politique pour ainsi apporter leur pierre à la construction de l’édifice et à l’épanouissement du cercle familial. Au nombre de celles-ci figure Dame Joceline FAMAGA épouse NOSSA, Maîtresse couturière de profession depuis les années 80. A la découverte de cette amazone originaire de l’Atacora au Nord-Est du Bénin. C’est à trvers un entretien exclusif accordé à la rédaction de votre journal La Perche du Nord.

Jocelyne : On appelle madame  Jocelyne NOSSA née FAMAGA. Je suis maîtresse couturière de profession. J’ai fait l’apprentissage de ce métier chez les Sœurs Religieuses de Hibiscus. Je l’ai appris de 1988 à 1993 où moi-même j’ai ouvert mon propre salon de couture depuis ce temps jusqu’à ce jour. Dans ce métier, j’ai déjà formé plusieurs autres personnes que j’ai libérées. Tout métier donne à manger et marche très bien quand on a la volonté de l’apprendre et de l’exercer. Dieu accompagne toujours les bonnes volontés.

Comment êtes-vous parvenue à faire le choix du métier que vous exercez depuis ces années ?

Joceline : Moi-même en réalité, je suis née jumelle. Ma seconde elle aussi a appris le même métier que moi. En effet, c’est quelque chose que nous avons héritée de notre génitrice. C’est d’elle que nous avons un peu eu la main sinon le goût de ce travail depuis notre enfance. Ainsi, ma seconde jumelle a elle autre appris la couture chez les Sœurs Sainte Monique à Abomey alors moi je l’ai appris chez les Sœurs Sainte Cécile à Parakou. Donc, si je dois parler de la couture, je pourrais dire que ce métier était déjà dans mon sang. C’est ainsi que les choses se sont passées. Mais quand j’ai fini mon apprentissage chez les Sœurs Sainte Cécile, il y a une formation dont l’opportunité m’avait été offerte par la suite. Il s’agissait d’une formation duelle qui se faisait en atelier et dans un autre centre. C’est cela que j’ai encore fait pour devenir formatrice en couture.

Quelles appréciations faites-vous du métier de couture depuis l’apprentissage jusqu’à ce jour ?

Joceline : Pour moi, la couture n’est pas un métier dont on fait option parce que l’on a vu quelqu’un d’autre le fait tout simplement. C’est plutôt un métier qui se veut aimé et épousée et encré dans le sang du praticien. Ce n’est aucunement un métier qui s’achète avec de l’argent. On ne peut pas mettre de l’argent devant pour prétendre vouloir faire de ce métier. C’est en le faisant avec amour et abnégation, on réussit et l’argent vient après.

La couture est un métier d’avenir et indispensable. Il nourrit son homme. Nul ne peut s’en passer dans ce monde. C’est de ce métier que l’on trouve de quoi se vêtir. C’est un art qui s’apprend avec passion et rigueur. Aujourd’hui, la couture évolue et des tendances de modes s’imposent. Nous évoluons avec nous aussi.

 

Vous dites évoluer avec tout le rythme que le métier impose à la maîtresse et formatrice que vous êtes. Alors quelle est l’ambiance chez vous ici dans votre atelier ? Comment est-ce le travail se fait chez Joss’Couture et de combien d’apprenties disposez-vous?

Joceline : Merci bien ! Chez moi ici, à Joss’Couture, nous faisons les tenues pour dames. Nous confectionnons tous les modèles qu’il s’agisse d’anciens comme nouveaux. Nous restons à la mode.

J’ai connu plusieurs vagues d’apprenties que j’ai déjà libérées. Actuellement, j’ai sous ma responsabilité plus d’une trentaine d’apprenties. Elles sont pour la plupart des jeunes filles et jeunes dames et même jeunes mamans. Je les forme d’une manière générale mais assez exceptionnelle parce que intégrée à bien d’autres choses comme l’art culinaire africain et occidental, le savoir-vivre et le leadership féminin pour ne citer que ceux-là. Chez moi ici, si je manque trop d’apprenties, c’est au moins une douzaine

Au moment où j’ai appris ce métier, c’était tout un système d’apprentissage polyvalent si bien qu’on m’avait même formée au tricotage, à la layette, à la broderie à main. C’est donc ce qui a fait que je ne suis pas restée figée seulement sur ce que j’ai reçu des Sœurs Religieuses. Ce sont elles qui m’ont d’ailleurs appris la cuisine, la préparation des amuse-gueules et autres. Les gens viennent même se perfectionner chez moi jusqu’aujourd’hui.

Comment êtes-vous arrivée à avoir jusqu’à plus d’une trentaine d’apprenties dans votre atelier ?

Joceline : Ce n’est pas quelque chose de mystique. Je l’ai toujours dit. C’est une question de stratégie et de suivi. En fait, il y a beaucoup d’enfants que des parents oublient carrément quand ils les envoient en apprentissage contrairement à tout cet arsenal de soutien qui s’observe vis-à-vis des élèves et étudiants pour qui ils paient même jusqu’à 300 à 400 mille francs CFA à l’école. Chez moi, les apprenties sont comme les propres enfants. Je les encadre, les forme et les couvre de tout mon cœur. Je leur donne tellement de conseils qu’elles sont devenues mes premières confidentes. J’ai arrêté dans notre planning de travail journalier, le premier lundi de chaque mois pour des séances d’échanges et de formation à caractère particulier hors cadre. Je prends cette journée spéciale pour non seulement parler de tout et de rien avec elles, je les écoute et les réoriente sur des faits divers les concernant. Je  consacre ce temps pour parfois passer au tableau où nous faisions des tracées assorties de ce que j’ai appris moi-même de nouveau dans d’autres centres de formation.

Mieux, étant donné qu’une femme doit savoir préparer, Il nous arrive de passer à la cuisine pour apprendre des recettes de tous genres. Chez moi ici, c’est le minimum de quoi manger au moins une fois par jour. Même quand les filles n’ont rien apporté, j’essaie de leur donner ce que j’ai pour les aider. Je suis même devenue mémé au sein de cette famille que mon métier a formée autour de moi. Je m’en réjouis chaque jour.

C’est aussi à cette occasion qu’on parle santé de façon générale mais particulièrement de la santé sexuelle et reproduction. On évoque des cas d’infections sexuelles, le genre, les rapports interpersonnels et bien d’autres aspects et ceci, depuis quelques années déjà, avec l’accompagnement des structures assermentées à l’exemple de l’ABPF, Amour & Vie qui viennent nous entretenir par moment. La finalité, c’est que mes apprenties sont depuis lors, des gens bien formés, bien éduqués pour être elles aussi à leur tour des personnes de référence. Je ne le dis pas pour m’enliser en orgueil, mais c’est cela notre quotidien.

Puisque nous sommes encore dans le mois de mars, quel est votre message à l’endroit de la gent féminine et spécialement à toutes les femmes de la cité des Koburu?

Joceline : D’abord, ce qu’on appelle femme, c’est quelque chose de très précieuse, de très respectueuse, de très grandiose. C’est celui qui ne le sait pas qui bafouille la femme.

La femme, c’est un maillon essentiel pour la famille, la communauté et la société tout entière. C’est cette précieuse créature divine qui est faite d’exceptionnelle. C’est elle qui est faite pour s’occuper du bien-être de la famille. La femme, comme le dit l’autre, est prévoyante. De ce fait, elle doit être là et partout où besoin se fait pour jouer son rôle de femme. La femme doit être attentive, soumise, respectueuse.

Je salue ceux-là qui ont eu l’idée de dédier cette journée à la femme. Si tous les jours pouvaient être à l’image du 08 mars, vraiment je serais très heureuse. Bravo aux précurseurs de cette noble initiative de célébrer la femme. Je voudrais finir mon message sur une note d’exhortations à l’endroit de toutes mes sœurs sans distinction aucune. Je leur demande de cultiver la crainte de Dieu. C’est cela la source véritable de toutes grâces. Avec la crainte de Dieu, c’est moins de jalousie, moins de convoitise ; c’est beaucoup d’amour,  beaucoup de compréhension et de complicité avec les hommes. C’est la paix du cœur. A côté de la crainte de Dieu, je conseille à toutes les femmes, l’amour du prochain, la solidarité, la compassion, la soumission à leur époux.

Et puisque je suis une habilleuse, une professionnelle de la mode, je ne voudrais pas finir cet entretien sans exhorter les femmes à bien s’habiller. L’habillement est d’une grande valeur. Toutes les femmes tout comme les hommes doivent savoir convenablement et décemment se vêtir. C’est un art. C’est une source de personnalité et de valeur inégalable. J’insiste là-dessus, les femmes y comprises les filles quel que soit leur rang social et tout le reste doivent se donner pour obligation de bien s’habiller. C’est plutôt une recommandation d’ordre sacré. Aussi voudrais-je insister sur la disponibilité à s’occuper convenablement du foyer, du ventre de leur mari et de leurs enfants. C’est le secret que je leur donne.

 

Mais aux hommes, de ne pas manquer de soutenir leurs femmes. Elles en ont besoin pour l’épanouissement de la famille, la première base sociétale.

Entretien réalisé par  William D. AHOUANGBONOU

Categories
DossierSociété
Pas de Commentaire

Laisser une réponse

*

*

ARTICLES SIMILAIRES