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RETOUR DES TRESORS ROYAUX D’ABOMEY AU PAYS et analyse d’Abdou-Wahab Garba Say : « Une opportunité pour renforcer l’Unité Nationale »

  26 œuvres d’arts culturelles et cultuelles du Bénin quittent la France et retrouvent la terre de leurs ancêtres ce mercredi 10 novembre. Fruit d’une bonne diplomatie du gouvernement...

 

26 œuvres d’arts culturelles et cultuelles du Bénin quittent la France et retrouvent la terre de leurs ancêtres ce mercredi 10 novembre. Fruit d’une bonne diplomatie du gouvernement de Patrice Talon, le retour des biens historiques du royaume d’Abomey revêt des dimensions multiples. Les appréciations des citoyens béninois fusent. Dans la foulée, Abdou-Wahab Garba Say, conseiller communal à Kalalé et spécialiste en développement local produit une réflexion selon laquelle le retour des trésors royaux d’Abomey constitue « une opportunité pour renforcer l’Unité nationale ». « …nous suggérons que ce début de retour de notre patrimoine au pays ouvre la voie d’une campagne nationale de PARDON pour que les générations d’aujourd’hui et celles de demain s’unissent davantage et ensemencent durablement voire définitivement, l’esprit de  l’UNITE NATIONALE ; gage de PUISSANCE permettant de résister plus efficacement et de vaincre tout ennemi y compris celui du sous-développement. » Lisez la réflexion de l’élu de Kalalé.

« La traite négrière et le colonialisme rappellent aux nations touchées des malheureux souvenirs immémoriaux. Aussi la première et la deuxième guerre mondiale ont-elles révélées la vulnérabilité des « blancs » ou autrement dit, des puissances étrangères qui malmènent depuis des siècles le Continent noir. Et ce n’est pas par hasard qu’on assista le 10 décembre 1948 (trois ans après la fin de la deuxième guerre) à l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III)) d’une part, et au vent des indépendances une dizaine d’années plus tard, d’autre part.  

En application de cette résolution 217 A (III) des 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale, les anciennes puissances organisatrices de la traite des noirs et du colonialisme vont, à pas distincts, reconnaitre leurs forfaits dans un premier temps, et ensuite présenter à l’humanité les excuses pour le mal fait aux nations victimes.

Même si dans certains cœurs il subsiste toujours des velléités de complexes de supériorité des uns sur les autres, la Déclaration universelle des droits de l’homme et le pardon des fautifs envers les victimes ne permettent plus à ces velléités de s’exprimer impunément.

Dans ce contexte, il faut des Hommes de flair pour apprécier toutes les implications possibles de ce retournement historique. C’est en cela qu’il faut saluer, une fois encore, le Courage du Chef de l’Etat, son Excellence le Président TALON pour ses initiatives qui débouchent à l’effectivité du rapatriement au Bénin de vingt-six œuvres du Palais d’Abomey.

« Immenses félicitations monsieur le Président ! ». Vous envisagez d’aller plus loin certainement ! Le peuple vous-en exhorte.

En effet, si cet acte est d’une valeur hautement historique, il n’en demeure pas moins que des précautions identiques auraient dues être prises, au plan national, et valoir d’exemple humanitaire qui laisserait une empreinte forte pour L’UNITE NATIONALE. Selon nos diverses coutumes, lorsqu’on attend un « étranger de marque », on nettoie correctement la maison. L’arrivée des vingt-six œuvres valait cet HONNEUR.

A défaut d’être fait en amont, il va falloir alors envisager  ce « nettoyage » à partir de cet IMPORTANT moment.

Pour rappel, les mosaïques de peuples qui constituent nos différents pays africains couvent dans leurs histoires internes respectives des faits et pratiques de dégradation de l’être humain de certains peuples sur les autres. Par parallélisme de forme, les Etats africains qui entreprennent en ce moment les démarches de réclamation des biens pillés par les occupants d’alors, doivent initier des mouvements similaires de PARDON en interne pour la CICATRISATION des blessures qui ne cessent d’être racontées par les gardiens des diverses coutumes de nos différentes communautés ; génération après génération jusqu’à ce jour. 

L’histoire des divers royaumes de notre pays qu’on enseigne à l’école fait allusion à des pratiques qui, au sens de l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sont tout aussi regrettables, condamnables à l’image de ce que l’Afrique noire reproche aux négriers et aux colonisateurs. Ces derniers jours, dans l’actualité nationale, l’expression « ROYAUME EXPANSIONNISTE » a été fortement utilisée en parlant du royaume  d’Abomey au cours d’émissions animées par des ‘‘sachants’’ sur les plateaux de l’ORTB. Ce qualificatif qui est valable pour tous les autres royaumes du Bénin et africains est-il différent de celui attribuable aux puissances étrangères qui nous ont aliénés ? Nous souhaitons que les Historiens, Sociologues et autres Enseignants Chercheurs du Bénin qui seront appelés dans les panels qui s’animeront à l’occasion de cet évènement, puissent éclairer le peuple dans ce sens.

Dans un débat public sur un sujet sensible, lorsqu’on étale tous les contours, c’est un EXCELLENT MOYEN de rapprocher tous les acteurs vers un consensus gage de PAIX. (Sous réserve, bien entendu, d’existence préalable de mesures de censure qui frappent des aspects donnés du sujet). 

Notre célébrité nationale, l’artiste SAGBOAN DANIALOU n’a-t-il pas déjà évoqué cette problématique ? Dans l’une de ses chansons, il a parlé de l’esclavage comme étant un « Péché commun entre acheteurs et vendeurs ». Il réclamera, par la même occasion ; du moins pour notre pays, des actes forts pour la RECONCILIATION NATIONALE ; tant les responsabilités locales sont tout aussi inexcusables. 

L’histoire s’écrit et comme le dit le célèbre journaliste ALAIN FOKA : « Nul n’a le droit d’effacer l’histoire d’un peuple » ! Notre pays le Bénin qui s’affiche aujourd’hui comme une société moderne de PAIX, malgré son histoire entachée, peut continuer à donner l’EXEMPLE d’une NATION UNIE qui puise la sève de son DEVELOPPEMENT dans les leçons tirées de son histoire.   

Pour ce faire, nous suggérons que ce début de retour de notre patrimoine au pays ouvre la voie d’une campagne nationale de PARDON pour que les générations d’aujourd’hui et celles de demain s’unissent davantage et ensemencent durablement voire définitivement, l’esprit de  l’UNITE NATIONALE ; gage de PUISSANCE permettant de résister plus efficacement et de vaincre tout ennemi y compris celui du sous-développement. 

En conclusion, nous souhaitons que ce moment historique exige plus de nous, de penser à ce que nous devons corriger dans la mémoire collective du pays, et qu’on ne se contente pas seulement de son côté victorieux. Le mieux commence maintenant !

Bonne fête de retour de nos biens culturels, mais surtout « ENFANT DU BENIN DEBOUT ! » sous le LEADERSHIP de son EXCELLENCE le Président TALON. »

 

GARBA SAY Abdou-Wahab,

Conseiller communal Kalalé, Spécialiste du développement local

 

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