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A l’occasion de la célébration des deux ans du journal ”Eveil Info” : Entretien exclusif avec Patrice Biaou, son promoteur

  (Patrice A. Biaou, fier d’avoir accompli un rêve de longue date, fait un bilan mitigé des expériences engrangées sur le parcours déjà effectué.) Dix mai 2019, dix mai...

 

(Patrice A. Biaou, fier d’avoir accompli un rêve de longue date, fait un bilan mitigé des expériences engrangées sur le parcours déjà effectué.)

Dix mai 2019, dix mai 2021 le journal ”Eveil Info” a deux ans.  A l’occasion de cet événement qui ne saurait être passé inaperçu avec toute la panoplie des expériences déjà engrangées, le Promoteur se dit très satisfait d’avoir accompli un rêve de longue date et fait à cet effet, un bilan mitigé des réalisations faites sur le parcours effectué par son entreprise les deux dernières années. Patrice A. Biaou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est prêté aux questions à lui posées par la rédaction de La Perche du Nord au détour d’une interview réalisée ce lundi 10 mai 2021.

Aujourd’hui, l’entreprise de presse dont vous êtes Promoteur souffle une bougie de plus dans l’univers médiatique. Monsieur le Directeur, pourriez-vous nous rappeler d’où est partie l’idée de création du journal Éveil Info?

«Merci cher confrère pour l’opportunité que vous nous accordez pour faire un bilan à mi-parcours de notre existence dans l’univers médiatique du Bénin. La création du journal Eveil Info est un projet qui date de très longtemps; puisque depuis mes cours primaires, j’ai toujours rêvé être professionnel des médias et ceci avec pour ambition d’être libre et d’être “Patron de moi-même” un jour. Ainsi, après bien d’expériences faites dans plusieurs autres organes à l’exemple de Daabaaru dont j’ai été l’un des responsables et correspondants au niveau de la zone méridionale pendant plus d’un an, Dunian Info et Le Rénovateur à Cotonou, le 10 mai 2019, nous avons posé le premier jalon. Le tout premier numéro du journal, nous l’avons donc exhibé à tout le public béninois. Ce que les gens ont apprécié et ont donné leurs conseils.
Pour être plus bref, il faut dire que nous avons créé le journal Éveil Info parce nous sommes un amoureux de la plume. C’est un rêve de depuis toujours que nous avons essayé de concrétiser.»

Après ces quelques années d’expériences dans l’univers médiatique béninois, quel est actuellement à ce jour anniversaire du journal *Éveil Info, votre état d’âme en tant que Promoteur et quel bilan faites-vous de ce parcours si tant élogieux déjà effectué ?

«Tiens, j’ai toujours été très bien ravi quand on me demande de parler de mon état d’âme. Je le dis du fait non seulement de mon parcours en tant professionnel des médias mais également pour la raison d’être parvenu à avoir mon propre organe de presse. C’est un métier noble. C’est un métier que s’il faut refaire le choix, je vais le choisir. Même si aujourd’hui, rien n’est plus comme avant, il faut quand-même oser le dire. Je suis fier et très fier d’être appelé “Journaliste” et j’ose le dire. Ce métier m’a ouvert assez de portes.
En terme de bilan, mon bilan avec Éveil Info est mitigé. Il n’y a rien sans difficultés d’autant plus qu’en Afrique, n’est pas entrepreneur qui le veut. Quand vous êtes un entrepreneur, vous devez vous attendre à deux choses : soit vous échouez ou soit vous réussissez.
Au niveau du journal Éveil Info, nous ne dirons jamais cependant que nous avons échoué. Mais nous faisons plutôt partie de ces rares organes dans la zone septentrionale à avoir un lectorat considérable avec à la clé notre participation plusieurs fois déjà à des ateliers de formation et renforcement des capacités grâce à notre professionnalisme.
Donc, en matière de bilan, j’ose le dire, nous avons certes, connu de difficultés parce que, aujourd’hui la presse, vous le savez, est ce qu’elle est.
Depuis sa création, Éveil Info a connu un bon nombre de stagiaires et bien de gens qui ont été des collaborateurs directs de l’organe…»

Monsieur le Directeur, gérer un organe de presse aujourd’hui, nous le savons, cela a un coût comme partout ailleurs; quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées depuis la naissance de ce bébé qui grandit si bien lentement mais sûrement ?

«Ouff! Mon frère, c’est le niveau même. C’est là où se trouve le grand débat. Comme je le disais un peu plus haut, n’est pas promoteur n’importe qui comme n’est pas entrepreneur en Afrique qui veut, mais qui peut. De ce fait, nous avons avons connu assez de difficultés. Je voudrais au nombre de ces dernières m’attarder juste à celles d’ordre financier.
Vous savez qu’il est très bien difficile aujourd’hui de pouvoir décrocher des contrats. Pire, les tarifs ne sont pas jusqu’à présent respectés. Du coup, la presse écrite notamment perd de jour en jour sa notoriété. Nous le disons avec audace pour notre petite expérience que nous avons déjà faite dans le sous-section de la presse. Très peu de personnes lisent les journaux aujourd’hui. Quand cela passe ainsi même si nous ne sommes pas sans savoir que la vente des journaux ne contribue qu’à 5% des investissements, nous sommes obligés de faire de bénévolat. Vous sortez de l’argent de votre poche et vous y mettez mais malheureusement c’est difficilement vous arrivez même à recueillir ne serait-ce 20% de ce que vous avez investi. Et quand c’est ainsi que d’autres activités ne viennent pas soutenir ce que vous êtes en train de faire, vous tournez à perte. Le gros problème est encore, faut-il le notifier, la pluralité des organes de presse écrite où s’observe très peu de professionnalisme. Tout le monde veut se lancer dans la chose et y va comme bon lui semble malgré les efforts de cadrage du système par l’autorité étatique.
Il est vrai que ceux qui ont applaudi le tout nouveau bébé en son temps ne sont plus forcément là pour continuer avec l’équipe, mais d’autant plus que jamais de leur dire merci. Ce n’est pas facile. Les difficultés, vraiment, elles sont énormes.»

Face à ces difficultés ainsi évoquées, quels sont pour vous les défis à relever pour tenir la tête haute?

«Oui merci bien cher confrère ! Les défis à relever sont plus ou moins énormes. Mais déjà, vous auriez pu constater, Éveil Info n’est plus dans les Kiosques. Pas parce que nous avons abandonné cette manière de faire. Nous ne l’avons pas du tout abandonné. Mais nous sommes à l’étape d’une auto-évaluation. C’est au bout de cette dernière qui s’avère nécessaire voire indispensable que nous allons nous relancer avec de nouvelles stratégies. La Direction Commerciale verra bien comment agir en conséquence avec à la clé, la multiplication des sorties pour prospecter les marchés potentiels pour que nous puissions avoir des retours sur investissements.
Aussi nous faudra-t-il un tout petit peu revoir la ligne éditoriale en nous investissant plus dans des travaux d’enquête, de presse de l’investigation et nous concentrer bien sûr sur les quelques partenariats que nous avons déjà sur le terrain.»

Quelle est l’ambiance qui prévaut entre vos collaborateurs immédiats et vous d’une part et entre le reste de l’univers médiatique local et vous d’autre part ?

«Voilà !, Comme vous le savez, l’ambiance se détériore souvent quand on se dit qu’on est patron et c’est tout ce que l’on veut qui passe. Au niveau de notre organe, cela ne se passe pas ainsi. Il n’y a d’ailleurs pas de patrons. Il n’y a que des collaborateurs. Moi j’ai toujours demandé à mes collaborateurs de s’ouvrir à moi surtout quand ils ont des soucis. Si la possibilité est de trouver une solution, on la cherche et on l’a trouve ensemble sur tous les plans.
En ce qui concerne ma relation avec le reste des autres confrères, ah!, j’ai fait Cotonou. J’ai de très bonnes relations avec les autres. J’ai de ce fait, à titre illustratif, participé activement à l’élection de 2019 au niveau de la HAAC. Cela m’a permis d’avoir un carnet d’adresses très riche et bien nourri avec plein de confrères.
A Parakou, la relation entre nous et les confrères, ce n’est plus quelque chose à démontrer. Tout se passe à merveille et même au delà de la relation professionnelle. La belle preuve, le promoteur de La Perche du Nord a bien voulu nous accorder une place de choix dans son journal pour que les deux ans de Éveil Info ne puissent pas passés inaperçus. C’est idem pour Nord Bénin, Daabaaru, Le Grand Regard et j’en passe. Je me sens vraiment à l’aise autour de tous ceux-là.

Monsieur le Directeur faut-il le rappeler, pas plus tard le lundi 03 mai dernier, l’on a célébré la 30ème édition de la Journée internationale de la liberté de presse. Une édition qui appelait les professionnels des médias à fournir des informations vérifiées et fiables. Quelle lecture faites-vous de l’état des lieux de la presse au lendemain de ce trentième anniversaire de la liberté de presse au plan aussi national qu’international ?

«Cher confrère, je ne vous apprends rien. Visiblement en matière de liberté de presse, nous avons reculé. Mieux, aujourd’hui, la presse est remplie non seulement de professionnels mais également et malheureusement de non-professionnels qui n’ont pratiquement aucune formation de base. Quand je parle de formation de base, autant pour moi, je ne veux pas forcément parler de ceux-là qui ont pris par les écoles de journalisme. Mais je veux dire qu’il faut se faire former au moins dans une rédaction pour quand-même se dire que l’on est en train de prendre le chemin du journalisme. Il y en a qui n’ont vraiment pas du tout notion du code de déontologie de la presse béninoise. Tout ceci fait que la presse au Bénin est en train de perdre plus ou moins sa notoriété. Bon nombre d’anciens ont dû déposer leur plume parce qu’ils ne se sentent plus dans une corporation professionnelle où des confusions s’étalent d’un peu partout. C’est là où je tiens à reconnaître la place de l’homme qui est actuellement à la tête de la l’institution en charge de la régulation de l’audiovisuel et de la communication. C’est quelqu’un qui s’y connait bien et il est d’ailleurs entouré des personnes bien formées et bien aguerries pour relever les défis de la presse au Bénin.

Votre mot de fin, Patrice Biaou ?

«Mon mot de fin, c’est de profiter de cette opportunité qui m’est offerte pour remercier tous ceux et celles là qui ont participé à la concrétisation de ce rêve. Deux ans, ce n’est pas petit dans la vie d’un individu. Deux ans, c’est assez important. Aujourd’hui, Éveil Info n’a pas deux tout seul encore moins de lui-même. C’est grâce à tout le monde, grâce à ce grand lectorat, grâce à ceux et celles là qui, derrière leur plume font du professionnalisme. C’est le moment plus que jamais de remercier tous ceux-là qui ont pris par le journal Éveil Info de même que ceux qui sont là aujourd’hui et qui travaillent et sont toujours prêts malgré toutes les difficultés à continuer dans le sacrifice. Je tiens également à remercier la rédaction du journal La Perche du Nord pour cette interview. Remerciements sincères à tous les différents acteurs de l’univers médiatique de Parakou en particulier et du Septentrion en général…»

Propos recueillis par William D. AHOUANGBONOU

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