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Entretien exclusif avec le coach Dieu-Donné vodounhessi sur la situation de la jeunesse béninoise : « Le chômage est le quotidien des jeunes »

  La jeunesse béninoise est en proie au sous-emploi et au chômage grandissant au Bénin. Ceci en dépit des politiques publiques pour inverser la tendance. La situation a préoccupé...

 

La jeunesse béninoise est en proie au sous-emploi et au chômage grandissant au Bénin. Ceci en dépit des politiques publiques pour inverser la tendance. La situation a préoccupé la rédaction de votre journal La Perche du Nord qui en parle avec un coach, spécialiste en développement personnel, expert mentaliste et juriste de formation.  Dieu-Donné VODOUNHESSI, puisque c’est de lui qu’il s’agit, répond aux questions de la rédaction à travers un entretien exclusif.

En tant que jeune et coach en développement personnel et leadership, comment percevez-vous aujourd’hui la problématique de l’emploi au Bénin ?

Nos universités et écoles sont reconnues pour leurs capacités à produire des diplômés chômeurs. Chaque année, des milliers de diplômés sortent de ces écoles et universités sans qu’on se préoccupe de leur sort.

Le chômage est le quotidien de plusieurs jeunes aujourd’hui. Nombreux sont les étudiants qui sont à l’université, qui ignorent ce qui se passerait après l’obtention du diplôme et qui sont certains de pouvoir expérimenter le chômage. La problématique de l’emploi est l’une des grandes urgences mais qui malheureusement ne fait pas partie des priorités de ceux qui devraient mener le combat. Je parle d’abord des Jeunes surtout les étudiants, les autorités politiques et administratives sans oublier les institutions étatiques en charge de cela. Nous devons prendre conscience que les étudiants ont besoin des stratégies pour accéder à une autonomie plus ou moins totale même en étant à l’université. Ils ont besoin d’être outillés sur comment gérer la gestion de la période transitoire qui court après la licence. Il est donc important qu’on sache que l’insertion professionnelle des jeunes est très loin d’être à un niveau de satisfaction.

Le chômage a plusieurs racines et même si les jeunes en sont pour quelque chose, il faut admettre que le système éducatif est loin d’être conforme aux réalités du cycle.

Comment la jeunesse devrait-elle se prendre en charge pour sortir de la situation de précarité dans laquelle elle végète ?

Comme un auteur le disait, les jeunes doivent d’abord prendre conscience de ce que le système éducatif dans lequel nous sommes instruits est loin de nous garantir un avenir certain comme on nous le faire croire. Aujourd’hui, les jeunes sont aveuglés par le diplôme et c’est après l’obtention du diplôme qu’ils se rendent compte qu’ils ont commis la plus grande erreur de leur vie : attendre d’avoir un diplôme pour se lancer. Le meilleur moment pour changer sa situation, c’est maintenant. Attendre plus tard pourrait conduire à la précarité.

 

Comment appréciez-vous l’attitude des jeunes à ruer massivement vers la chose politique espérant le miracle ?

Avoir un problème et compter sur les politiciens, c’est avoir deux problèmes. Tout d’abord, la notion de la politique est mal comprise aujourd’hui et c’est dangereux pour l’avenir du pays. Faire recours à la politique n’est pas la solution pour quitter le chômage. Au contraire, après les périodes électorales, ces jeunes après avoir fini de dépenser les miettes continuent avec leur ancienne vie de chômeurs. Pour faire la politique, il faut les moyens, être disponible à faire des sacrifices et se donner suffisamment. Un jeune qui n’est rien, qui n’a rien et qui se met à courir derrière les politiciens sera exploité et manipulé. C’est d’ailleurs pour ça que les jeunes n’ont pas une place dans l’arène politique du pays. Et imaginez un jeune qui arrive à avoir une place dans ces conditions, il va seulement ruiner le pays, devenir un danger pour l’économie et les ressources du pays parce qu’il pense qu’il faut s’enrichir en politique.

C’est bon de faire la politique, celle du changement et du service à la communauté mais ruer vers la politique dans l’espoir de lutter contre le chômage, c’est se créer assez de problèmes.

 

 

Cinq conseils à donner aux jeunes pour sortir de chômage et du sous-emploi ?

 

Pour moi, la jeunesse devrait se libérer de ce virus mental qui est d’avoir un diplôme pour commencer à se faire de l’argent. Ce virus conditionne leur existence, leur rend dépendant pour toujours et faire d’eux des instruments à utiliser à des fins politiques.

De deux, chaque étudiant devrait sortir du cycle de l’étudiant classique qui consiste à se lever tous les jours pour aller au cours, apprendre ses leçons, aller au resto, prendre son temps à chercher des filles ou des garçons, faire ses devoirs, avoir de bonnes notes, rédiger son mémoire, faire sa soutenance, écrire des lettres de stage et faire des demandes d’emploi à n’en point finir. Tout étudiant qui se met dans ce cycle à une forte chance de finir au chômage.

 

Troisièmement, il faut que les jeunes combattent leur égo. Il n’y a pas de sot métier. C’est malheureux de voir des étudiants qui refusent un travail parce qu’ils ont eu la licence ou le Master en attendant que l’État les recrute. Beaucoup de jeunes oublient que les études sont faites pour éveiller les consciences et non pour tuer les passions et rendre ignorants. La passion est ce que chacun devrait chercher s’il veut vraiment éviter le chômage. On peut être un étudiant en anglais et faire de l’agriculture, on peut avoir le Master et ouvrir un salon de coiffure, on peut être étudiant en mathématiques et gérer une boutique. Il est même possible pour tout étudiant de mettre à profit les heures creuses pour s’occuper à d’autres choses comme les petits commerces, les services de gardiennage la nuit, les services de nettoyage à domicile, etc. Très souvent, les étudiants négligent ces activités parce qu’ils pensent qu’ils sont assez grands pour se rabaisser alors que un an d’autodiscipline suffit pour rassembler quelques choses et investir dans une activité qui pourrait mieux rapporter. À défaut d’être intelligent, il faut réfléchir et ne pas se mêler à la masse.

Aussi, suggérais-je aux jeunes de s’investir dans les activités qui ressortent de leur passion et de s’en occuper. Aimer l’agriculture et perdre son temps à étudier la sociologie, c’est une erreur.

La jeunesse devrait donc créer des activités génératrices de revenus même en étant à l’université, miser sur ses compétences, son savoir-faire et non prendre tout le temps à mémoriser les cours dont la finalité est d’obtenir un diplôme qui est loin de donner une compétence. Apprendre à saisir les opportunités, se faire de bonnes relations, coopérer avec ceux qui sont dans la même dynamique que nous sont autant de choses à faire.

Enfin, la jeunesse devrait oublier que le Gouvernement donnera un emploi à tout le monde. Ce n’est pas possible. Se prendre en charge dès maintenant est la solution.

 

Votre mot de fin ?

Merci à vous pour cette opportunité à moi donnée pour opiner sur ce sujet très important. Je crois que les jeunes peuvent vivre heureux sans laisser le chômage conditionner leur existence. Pour cela, il faut prendre sa vie à deux mains, devenir le maître de son destin et ne compter sur personne. Il y a plein de choses à faire pour vivre une vie équilibrée, il suffit d’entrer en soi-même et de se libérer des blocages mentaux. Le chômage n’est pas une fin en soi, tout peut changer et ce changement commence par chacun de nous. Arrêtons de mettre notre espoir sur le Gouvernement.

 

Propos recueillis par la rédaction

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DossierEntretien/Interview
2 Commenter cet article.
  • EHOUN
    25 avril 2021 at 23 h 13 min
    Laisser une réponse

    Merci beaucoup leader amour Dieudonné VODOUNHESSI pour cette notification que vous avez eu dit pour la jeunesse béninoise afin qu’ils puissent changer leur mentalité.

  • EHOUN
    25 avril 2021 at 23 h 22 min
    Laisser une réponse

    Merci beaucoup leader amour Dieudonné VODOUNHESSI pour cette notification que vous avez faite pour la jeunesse béninoise afin qu’ils puissent changer leur mentalité.

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