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Pratique et visibilité de l’art de la marionnette : Le haro et les espoirs de Faïçal Dramane sur les figurines

  («La nouvelle corde attend d’être tissée au bout de l’ancienne», dixit le marionnettiste)  Il est l’un des hommes qui donnent vie, de façon générale à la culture béninoise...

 

(«La nouvelle corde attend d’être tissée au bout de l’ancienne», dixit le marionnettiste)

 Il est l’un des hommes qui donnent vie, de façon générale à la culture béninoise et particulièrement à l’art de la marionnette à la culture béninoise,  à Parakou. Faïçal Dramane, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un acteur culturel avec pour domaine de prédilection la marionnette. Dans cette interview, il justifie le choix porté sur cet art qui a les ailes battantes au Bénin, donne les défis qui attendent les marionnettistes, lance un appel à l’endroit des autorités et de la population. Lisez…

La Perche du Nord : Bonjour monsieur Dramane. Vous êtes acteur culturel vivant dans la ville de Parakou, fondateur de l’association culturelle Orifa. Merci bien d’avoir accepté de nous accorder cette interview. Parlez nous d’abord de la l’association Orifa.

Faïçal Dramane : Merci Monsieur le journaliste. Orifa est une Association d’Arts, de Culture et de Développement créée officieusement en 2013 comme une association d’élèves et officiellement reconnue comme étant une association professionnelle à partir de 2015 à Parakou où le siège s’y trouve actuellement.  Elle a pour vision de contribuer à la cohésion nationale et au développement grâce aux arts, à la culture et aux actions sociales. Nous nous sommes donnés comme objectif d’œuvrer pour l’identification, la visibilité et la promotion des arts et cultures, dans le septentrion et tout le Benin et surtout de lutter pour l’épanouissement de l’enfant et de la couche juvénile.

 Vous avez choisi un art peu connu du public béninois, la marionnette. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Ce choix s’est imposé à nous parce que nous avons compris que le public s’intéresse de moins en moins à notre domaine car nous, artistes, sommes nombreux et nous servons presque toujours le même plat même si les ingrédients diffèrent par moment. Nous en avons aussi marre de faire des créations qui ne seront consommés que par nos confrères qui nous soutiennent indéfectiblement.  Merci à eux !

Alors nous avons compris la soif du public de voir du nouveau. Nous sommes allés vers l’Art de la Marionnette qui est en réalité un Art complet car il fait appel à plusieurs compétences et domaines artistiques. On pense bien que le public va s’y intéresser parce que c’est un art dans lequel, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, on y retrouve son intérêt. Par exemple avec la marionnette on peut développer l’imaginaire, stimuler les sens, développer le langage, l’amour de la nature, enrichir le vocabulaire, apprivoiser ses peurs et autres. Donc voilà comment ce choix s’est imposé à nous.

Ce choix n’est il pas un saut vers un grand inconnu dans un pays comme le nôtre ?

Non. Monsieur le Journaliste, je ne pense pas. La déception ou l’échec fait toujours partie de l’apprentissage. C’est alors que nous avons osé cette aventure. Notre pays a besoin de se développer avec des gens honnêtes, confiants, espérant et courageux et nous pensons qu’avec cet art, qui n’est autant pas nouveau pour le public béninois, nous pouvons participer au développement de notre pays, bien que les moyens nous manquent.

En dehors des marionnettes qui constituent votre domaine de prédilection, quelles sont les autres activités culturelles auxquelles vous vous adonnez ?

Oui, nous faisons les marionnettes universelles. Il s’agit de celles que nous faisons pour nos spectacles types. Il y a aussi les marionnettes commandées que nous concevons selon les choix. Nous faisons également, la chorégraphie, la sculpture, le théâtre, les sketchs, la comédie, le conte, le Slam, le Ballet, la percussion, le Batik, les Parades pendant les caravanes, les carnavals, les échasses, la danse du feu, etc. Nous formons, nous renforçons les capacités et nous venons aussi en appuis et conseils.

Quels sont les espaces que vous avez à Parakou pour faire connaître votre art, votre passion et pour faire découvrir vos talents ?

Nous avons plusieurs espaces comme l’Espace Waxangari L@bs avec qui nous travaillons depuis un moment. Nous avons déjà fait une preuve de franche collaboration à travers l’organisation de la première édition du Festival Weekend Artistik, qui a pour entre autres objectifs de rassembler des artistes du pays afin de leur faire exprimer leur passion devant un public. Actuellement, nous préparons la deuxième édition. Nous avons la Résidence Kangbè Stars Village de Parakou, la maison des jeunes de Guêma, le centre Okouabo, l’Institut français, l’esplanade de l’Université de Parakou et de Deeman Radio et  l’Espace Windekpè.

Vous vous êtes faits déjà produire dans tous ces espaces ?

Non, tous ces espaces ont  forcément des logistique pouvant accueillir nos spectacles mais que nous n’arrivons pas à maîtriser la politique du circuit qui nous facilitera la condition de ce faire produire dans certains de ces espaces ou d’animer ces espaces qui sont dans une dormance presque éternelle.

 Que pensez-vous qu’il est possible de faire pour faire changer les choses ?

Je pense que c’est très dur de redresser un boit sec et difficile de réveiller Celui qui ne dort pas. Certains de nos devanciers, ceux qui sont à la place qu’il ne faut forcément pas demeurer, doivent se réveiller, cesser de paraître pour vrai et se permettre d’être les maillons importants et incontournables de l’ombre pour faire appel et donner la chance à la  jeunesse car  depuis fort longtemps la nouvelle corde attend d’être tissée au bout de l’ancienne. Mais nous ne nous révolterons jamais, nous n’irons jamais en concurrence, car ils ont toujours de la matière. Nous le savons ! Nous espérons  que la culture elle même élise ceux qui la conduiront à la terre promise. Le chemin est encore long.

 Votre mot de fin

Je vous remercie monsieur le journaliste pour l’honneur accordé à ma petite personne.  Je remercie également nos aînés, nos confrères d’ici et d’ailleurs et j’ai la ferme assurance que l’avenir promet, car nous avons beaucoup de projets et espérons quand même les partenaires parce que avec l’Art de la Marionnette nous avons un vaste domaine à développer avec pour possibilité de faire tourner le moteur de développement durable au Bénin.

Entretien réalisé par: Kassim MAMA

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